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Double coucher de soleil et un peu de dépaysement

Au fond ce n’est ni un événement extraordinaire ni un phénomène important mais plutôt un effet d’optique qui m’est resté en mémoire. Par les temps actuels nous avons besoin de laisser nos pensées s’échapper au loin de temps en temps.

La première fois c’était en Grèce il y a de très nombreuses années déjà. Je devais voyager sur les différentes îles pour choisir celle sur laquelle j’allais proposer à mon supérieur de construire un hôtel. Le circuit devait me mener du Pirée à Syros pour prendre la ligne de Milos, ensuite il fallait rejoindre Santorin pour finalement rentrer au Pirée en passant par Naxos.

Je me souviens bien de ce beau voyage et en particulier de la ligne de ferry entre Milos et Santorin. Au milieu de cette ligne se situe l’île de Folgéandros, très peu connue. Le bateau n’y passait qu’une fois par semaine. C’était donc un petit événement pour sa population. En longeant la côte, l’on pouvait voir des signaux de miroirs envoyés par les habitants des maisons isolées en guise de signe de vie. A plusieurs reprises le bateau répondait aux signaux par de puissantes sirènes.

Dans le petit port, les marins devaient décharger tous les vivres et autres achats de la semaine. Cela prenait du temps et pendant ce temps-là le soleil s’est couché sur le relief derrière le port. Le coucher de soleil était magnifique, avec toutes les couleurs et très intense.

Une fois la marchandise déchargée, le ferry a repris son chemin vers Santorin (vers l’est). A l’arrière du bateau on voyait que l’île de Folégandros devenait de plus en plus petite au fur et à mesure que l’on s’en écartait. C’est alors que l’île est devenue si petite que le soleil est réapparu petit à petit. On pouvait ainsi voir un « lever » de soleil à l’ouest ! Les couleurs se sont légèrement estampées un moment mais ont repris leur puissance peu après. Le bateau continuait sa course et l’île avait presque disparue de l’horizon. C’est alors que nous assistions à un « deuxième » coucher de soleil tout aussi magnifique que le premier !

Cet épisode m’a été rappelé il y a peu de temps. Mon épouse et moi avons pu partir quelques jours en direction du sud et avions réservé une chambre d’hôtel avec vue sur la Méditerranée. Depuis la chambre nous pouvions admirer le merveilleux coucher de soleil et ses couleurs splendides. C’est alors que j’ai vu que la vitre de la porte qui menait au balcon reflétait également le soleil couchant. Il y avait donc à nouveau un double coucher de soleil. Cette fois c’était en même temps que le premier et non l’un après l’autre mais la bonne nouvelle est que la splendeur de la nature était toujours aussi superbe !!

Les voyages nous font toujours du bien, qu’ils soient réels ou dans l’imaginaire.

Double sunset and a little change of scenery

Basically it is neither an extraordinary event nor an important phenomenon but rather an optical effect but it stuck in my memory. These days we need to let our thoughts slip away from time to time.

The first time was in Greece many, many years ago. I had to travel to the different islands to choose the one on which I was going to propose to my superior to build a hotel. The circuit was to take me from Piraeus to Syros on the Milos line, then I had to join Santorini and finally return to Piraeus via Naxos.

I remember this beautiful trip well and in particular the ferry line between Milos and Santorini. In the middle of this line is the island of Folgéandros, very little known. The boat only went there once a week. So it was a small event for the population.

As the ship passed along the coast, one could see mirror signals sent by the inhabitants of the isolated houses as a sign of life. On several occasions the boat responded to the signals with powerful sirens.

In the small port, the sailors had to unload all the food and other purchases for the week. It was taking quite a moment and during that time the sun went down on the hills just behind the harbor.

The sunset was beautiful, with all the colors and very intense. Once the goods were unloaded, the ferry resumed its journey to Santorini.

At the back of the boat you could see that the island of Folegandros was getting smaller and smaller as we moved away from it. It was then that the island became so small that the sun gradually reappeared. We could actually see a « sunrise » in the West!

The colors faded slightly for a moment but regained their power soon after as the boat continued its course and the island had almost disappeared from the horizon. It was then that the sun went down again and we witnessed a « second » sunset just as magnificent as the first!

I was reminded of this episode a short time ago. My wife and I were able to go South for a few days and had booked a hotel room with a view of the Mediterranean. From the bedroom we could admire the wonderful sunset and its splendid colors. It was then that I saw that the glass of the door leading to the balcony also reflected the setting sun. So there was again a double sunset.

This time it was at the same time as the first and not one after the other but the good news is that the splendor of nature was always so superb !!

Travel always makes us feel good, whether real or imaginary.

Histoires de dessins

Petite fleur

La petite rose n’a pas une histoire originale. Elle se veut un simple rappel pour dire je t’aime. Je l’ai dessiné la première fois en acrylique au bas d’un mur dans la chambre de ma bien aimée (aujourd’hui mon épouse) pour qu’elle ait une rose pendant mon absence car nous habitions à 600 km l’un de l’autre. Depuis notre mariage, il y a bientôt 30 ans, je lui apporte une petite rose rouge dès que la précédente est fanée (n’étant pas intégriste, parfois avec un peu de retard, je l’avoue). Depuis bientôt 30 ans, elle m’embrasse à chaque fois et je vois une petite lumière qui s’allume dans ses yeux.

Paysage d’hiver

C’est un petit dessin que j’ai fait pour un anniversaire. Il faisait tellement froid dans la voiture que j’avais de la peine à le finir. Je l’ai dessiné près du village de Seedorf dans le canton de Fribourg, en Suisse. Ce village est connu en raison de la présence d’un centre pour enfants handicapés mentaux. Quand nous avions prévu d’adopter notre fille aînée nous n’avions qu’un rapport médical de l’Inde qui décrivait ses nombreux problèmes de santé. Nous avons alors contacté notre médecin de famille pour en discuter et celui-ci nous a fortement déconseillé l’adoption en indiquant « qu’elle finirait à Seedorf ». Il voulait nous protéger. Nous avons ensuite pris des renseignements ailleurs et avons mené à bien les démarches d’adoption.

Ce médecin a vu notre fille quelques années plus tard. Elle marchait, elle parlait parfaitement le français, elle rayonnait de vitalité. Il a fait de grands yeux et selon ses dires « n’en revenait pas ». Il nous a même demandé la permission de pouvoir en parler lors d’une prochaine réunion de médecins et il disait qu’il « faudrait faire un film » ! Que dirait-il aujourd’hui s’il savait qu’elle se rend toute seule à Hong Kong pour représenter son entreprise et y acheter des pierres précieuses ?

L’église d’Onnens

Un jour quelqu’un a frappé à notre porte. Il avait appris que je dessinais et m’a présenté une photo de l’église de son village en demandant si j’acceptais d’en faire un dessin. Il m’a expliqué qu’il voulait ensuite donner le dessin en guise de souvenir à une famille qui allait quitter la Suisse pour aller vivre au Canada. Je ne connaissais pas les goûts de cette famille et ainsi j’ai dessiné l’église au mieux de mes moyens tout en reproduisant la photo de la manière la plus exacte possible. Je ne sais pas ce qu’il en est advenu. Je suppose que le dessin a émigré avec a famille.

Je sais seulement qu’un jour j’étais très surpris car mon fils, qui n’aimait que les dessins techniques à cette époque, m’a dit qu’il adorait le dessin de cette église en raison de la justesse des nombreuses perspectives et parce qu’il savait que je n’utilisais pas de règle ou de gomme quand je dessinais.

Le banc au bord du lac

Pour une raison ou une autre, l’image de deux personnes assises côte à côte sur un banc m’a toujours évoqué la sérénité et l’amour.

Juste avant notre mariage j’ai connu une période très difficile sur le plan familial et professionnel et j’ai dû chercher de l’aide. Un exercice à faire constituait à réaliser un dessin de son désir d’avenir en un temps limité de trois minutes.

Voilà le résultat qui exprime ce désir en toute simplicité.

Mon ami l’âne

L’âne est probablement l’animal que je préfère. Il a une présence qui dégage un sentiment de simplicité, de grande gentillesse et d’une certaine solidité. En plaisantant, je dis parfois que ce dessin est un autoportrait. Dans un certain sens l’image me représente assez bien car je n’ai jamais cherché à me mettre au devant de la scène, en premier rang ou à m’imposer aux autres. Je n’ai jamais essayé d’impressionner quiconque par ma force. L’idée même me fait sourire. Finalement, la qualité première que les gens m’attribuent a toujours été la gentillesse.

J’ai fait ce dessin sur la base d’une figurine d’un âne que des amis m’ont donné en Calabre. Un jour mon père a vu le dessin et, à ma surprise, il m’a dit qu’il aimait beaucoup le petit âne. Mon père était en général très sobre, il aimait les immeubles modernes aux angles droits, il était précis et appréciait l’ordre. Pour lui un sou était un sou. J’étais donc d’autant plus étonné quand il m’a demandé s’il pouvait m’acheter ce dessin car il lui plaisait beaucoup.

A cette époque ma vie n’était guère structurée, je cherchais mon chemin, j’avais une formation en Économie, mais cela ne me correspondait pas. Je suis de nature plutôt « bohème ».

Il n’était bien sûr pas question de vendre un dessin à mon père. Je le lui ai donc donné en lui disant que cela me faisait plaisir de lui faire plaisir et il l’a accepté bien volontiers. Il s’est ouvert et m’a serré dans ses bras. C’est un des beaux souvenirs qui me restent de mon père et d’un moment de partage et de proximité avec lui.

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Stories and drawings:

Little Flower

The little rose does not have an original story. It is meant to be a simple reminder to say I love you. I first drew it in acrylic at the bottom of a wall in my beloved’s room (now my wife) so that she would have a rose while I was away because we lived 600 km away from one of the other. Since our marriage, almost 30 years ago, I have brought her a little red rose as soon as the previous one has faded (not being a fundamentalist, sometimes a little late, I admit). For almost 30 years, she has kissed me every time and I see a little light that lights up in her eyes.

Winter landscape

It’s a little drawing I made for a birthday. It was so cold in the car that I could hardly finish it. I drew it near the village of Seedorf in the canton of Friborg, Switzerland. This village is known because of the presence of a center for mentally handicapped children. When we planned to adopt our oldest daughter we only had a medical report from India which described her many health problems. We then contacted our family doctor to discuss it and he strongly advised us against adoption, indicating « that she would end up in Seedorf ». He wanted to protect us. We then took information elsewhere and completed the adoption process. This doctor saw our daughter a few years later. She walked, she spoke French perfectly, she radiated vitality. He made big eyes and according to his words « could not believe it ». He even asked us for permission to be able to talk about it at a future meeting of doctors and he said that « we should make a film »! What would he say today if he knew she was going to Hong Kong all alone to represent her company and buy gems there?

Onnens church

One day someone knocked on our door. He had learned that I made drawings and presented me with a photo of the church in his village, asking if I would agree to draw it. He explained to me that he then wanted to give the drawing as a souvenir to a family who was going to leave Switzerland to live in Canada. I did not know the artistic tastes of this family and so I drew the church to the best of my ability while reproducing the photo as accurately as possible. I don’t know what happened to it. I guess the design migrated with his family. I only know that one day I was very surprised because my son, who only liked technical drawings at that time, told me that he loved the drawing of this church because of the correctness of the many perspectives and because he knew I wasn’t using a ruler or eraser when I was drawing.

The bench by the lake

For some reason, the image of two people sitting side by side on a bench always reminded me of serenity and love. Right before our marriage I had a very difficult time, both in family and professional matters and had to seek help. One exercise was to draw a picture of one’s desire for the future in a limited time of three minutes. This is the result that expresses this desire in all simplicity.

My friend the donkey

The donkey is probably my favorite animal. It has a presence that gives a feeling of simplicity, great kindness and a certain solidity. Jokingly, I sometimes say that this drawing is a self-portrait. In a certain sense, the image represents me quite well because I have never tried to put myself in the front of the stage, in the front row or to impose myself on others. I have never tried to impress anyone with my strength. The very idea makes me smile. Finally, the first quality that people attribute to me has always been kindness. I made this drawing on the basis of a figurine of a donkey that friends gave me in Calabria. One day my father saw the drawing and, to my surprise, he told me that he liked the little donkey very much. My father was generally very sober, he liked modern buildings with right angles, he was precise and liked order. For him a penny was a penny. So I was all the more surprised when he asked me if he could buy me this drawing because he liked it very much. At that time my life was hardly structured, I was looking for my way, I had a background in Economics, but it did not suit me. I am rather « bohemian » by nature. There was of course no question of selling a drawing to my father. So I gave it to him, telling him that I was happy to please him and he gladly accepted it. He opened up and gave me a hug. It is one of the beautiful memories that remain of my father and of a moment of sharing and closeness with him.

L’art de l’art

Mes cousins jouaient ensemble et avaient tous des marteaux, clous, scies et planches de bois. J’avais quatre ou cinq ans, j’étais avec eux mais pas vraiment. Je m’occupais tout seul avec mes crayons et quelques feuilles de papier. Ils sont devenus artisans et moi… j’ai continué de m’occuper de feuilles de papier, mais en général sans y faire des dessins, sauf très occasionnellement.

Aujourd’hui, presque soixante-dix ans plus tard, j’ai cessé des remplir les feuilles de chiffres et je n’écris plus guère de rapports. Je constate aussi que ma « production » artistique est finalement restée bien modeste et limitée car elle comprend une centaine de dessins, aquarelles et peintures dont il me reste quelques originaux, de nombreuses copies ou photos et dans quelques cas cela se limite à un simple souvenir.

A un moment j’ai hésité à me lancer dans l’art. Ce n’était qu’une idée, ce n’était pas vraiment une passion, pas une obsession et le choix de me limiter à l’art en tant que hobby est ainsi venu tout naturellement. Serais-je mort de faim ? Aurais-je réussi à « percer » ? Je ne le saurai jamais. Je sais juste qu’en fin de compte je ne regrette pas ce choix car j’aurais perdu mon hobby si j’en avais véritablement fait mon gagne-pain. J’aurais dû courir après l’argent, les clients, les expositions – ce n’était donc pas pour moi. Avais-je assez de talent ? Peut-être, mais ce n’est pas sûr. Me former, suivre des cours – je suis trop individualiste, je n’en avais aucune envie. J’ai donc continué tout seul dans mon coin à dessiner et peindre de temps en temps et pour seul but d’avoir plaisir et de faire plaisir.

Je vois d’autres sortes d’art avec des records de vente pour des sommes astronomiques allant jusqu’à plusieurs dizaines, voire centaines de millions de dollars. Qu’en penser ? Est-ce que c’est l’art d’investir ou l’art de spéculer ou encore de l’art livré à la folie de certains dont la fortune dépasse l’entendement – et dont l’origine n’est pas toujours évidente? Je n’essaie même pas de comprendre.

Je vois en général des artistes qui, avec plus ou moins de succès et talent, s’efforcent de faire des peintures pour reproduire de beaux paysages, des animaux, des scènes de vie ou des inspirations de toute nature et qui essayent de les vendre pour gagner leur vie ou – encore plus souvent – juste pour rentrer dans leurs frais.

Entre deux il y a les artistes reconnus, dont la cotation est établie, qui produisent et exposent et jouissent d’une renommée et de revenus confortables.

Certaines choses dans le vaste monde de l’art sortent parfois de l’ordinaire et prêtent à réfléchir, même à sourire. Prenons par exemple le cas de la récente vente d’une banane collée au mur par un ruban adhésif vendue au prix de 120’000 dollars. Cela semble farfelue ? C’est sans compter le fait que cette banane-là a ensuite été mangée sur place par un autre artiste qui a qualifié son action de « performance artistique »…

Les choses ne s’arrêtent pas là. Dans la suite des événements concernant la banane, encore un autre artiste a organisé une exposition – conçue pour aller plus loin encore – lors de laquelle il vendait des œuvres non existants, donc invisibles… A son honneur, il faut préciser que le produit de la vente était destiné aux œuvres caritatives. En effet l’exposition se voulait être un pied de nez aux extravagances de l’art.

Pour ma part, je continuerai sans prétention et je me limiterai simplement à mon ressenti personnel pour apprécier l’art. Cela me rappelle l’expression « anarchie personnelle » que j’aimais beaucoup dans ma jeunesse. Chacun fait ce qu’il veut, ce qu’il peut, comme il veut.

Mon plaisir est de partager l’art, le rendre gratuitement accessible et de faire plaisir.

Tout est donc possible.

L’art, c’est tout un art. Vive l’art de l’art.

Art of art

My cousins ​​played together and all had hammers, nails, saws and planks of wood. I was four or five years old, I was with them but not really because I was busy with my pencils and a few sheets of paper. They became artisans and I … well I continued to deal with sheets of paper, but generally without drawing on them, except very occasionally.

Today, almost seventy years later, I have stopped filling out sheets full of numbers and hardly write reports anymore. I also note that my artistic « production » has remained very modest and limited because it only contains about a hundred drawings, watercolors and paintings of which I have a few originals, many copies or photos and in some cases it is only a memory.

At one point I hesitated to get into art. It was only an idea, it was not really a passion, not an obsession and the choice to limit myself to art as a hobby thus came quite naturally. Would I have starved to death? Would I have succeeded in « making it »? I’ll never know. I just know that ultimately I do not regret this choice because I would have lost my hobby if it had been the basis for my living. I would have been chasing money, clients, exhibitions – so it wasn’t for me.

Did I have enough talent? Maybe, but it’s not sure. Train myself, take courses – I’m too individualistic, I didn’t want to. So I continued all alone in my corner to draw and paint from time to time and for the sole purpose of having fun and to please others.

I see other kinds of art with record sales for astronomical sums of up to tens or even hundreds of millions of dollars. What to think of that? Is it the art of investing or the art of speculating or even art subdued to the madness of some whose fortune is beyond comprehension – and of which the origin is not always obvious? I’m not even trying to understand.

I usually see artists who, with varying degrees of success and talent, strive to make paintings to reproduce beautiful landscapes, animals, life scenes or inspirations of all kind and who try to sell them for to earn a living or – even more often – just to recoup their expenses. In between there are the recognized artists, whose quotation is established, who produce, exhibit and enjoy a reputation and comfortable income.

There are things in the vast world of art that are sometimes extraordinary and make you reflect, even smile. Take for example the case of the recent sale of a banana stuck to the wall with an adhesive tape sold at the price of 120,000 dollars. Sounds far-fetched? This is not to mention the fact that this very banana was then eaten on the spot by another artist who described his action as an « artistic performance »…

It doesn’t end there. In the wake of the events concerning the banana, yet another artist organized another exhibition – designed to go even further – during which he sold non-existent artworks, therefore invisible… To his honor, it should be noted that the product of the sale was intended for charities. Indeed the exhibition was intended as a snub to the extravagances of art.

For my part, I will continue without pretension and I will limit myself to my personal feelings to appreciate art. It reminds me of the expression « personal anarchy » which I liked very much in my youth. Everyone does what they want, what they can, as they want.

My pleasure is to share art, to make it freely accessible and to please others.

Everything is therefore possible.

Art is quite an art. Long life to the art of art.

Il ne faut pas acheter ces œufs là…

Je suis né en Allemagne en 1948 et en 1951 mes parents m’ont embarqué avec eux pour aller au Canada. C’était peut-être le seul laps de temps pendant lequel je n’étais pas un « étranger ». Faut-il préciser que je ne m’en souviens pas ?

Au Canada, je suis d’abord devenu trilingue à 5 ans. Nous habitions dans la même maison qu’une famille italienne et j’avais assimilé un peu d’anglais en plus de l’allemand. Ainsi ma mère m’a rappelé un jour une phrase que j’ai prononcée : « Kann ich mit diesem pencil scrivere machen » ? Un mélange des trois langues pour demander si je pouvais utiliser un crayon.

Quand nous sommes retournés en Allemagne en 1961, mes connaissances linguistiques étaient malheureusement limitées à l’anglais. Je ne parlais plus l’allemand du tout. Autant dire que, même dans mon pays d’origine, j’étais de fait un étranger dans ma classe.

Six mois plus tard nous avons déménagé en Suisse allemande. Autre pays, autre langue car le dialecte suisse allemand n’a pas beaucoup en commun avec le « bon allemand ». J’étais donc toujours l’étranger, venu d’ailleurs.

Mes pérégrinations ont continué pour me mener en Suisse romande et en Grèce. Dans ce dernier pays j’ai appris difficilement à déchiffrer les lettres et même à parler suffisamment bien pour téléphoner, mais j’étais évidemment un étranger. En revanche, en Suisse romande, j’étais parvenu au stade de parler le français comme monsieur tout le monde. J’avais néanmoins un passeport et une origine différents des autres et l’on m’a fait savoir dans de nombreux domaines que je restais bel et bien un étranger. A force d’être confronté à la xénophobie d’un bon tiers de la population et à de nombreuses votations pour limiter la présence des étrangers dans le pays, j’ai fini par assumer le rôle d’étranger et je n’ai pas cherché à me faire naturaliser.

Avant de prendre la retraite et de déménager en France, j’ai entrepris les démarches pour devenir citoyen français. Le passeport en poche, je me suis dit que cette fois je ne serais plus l’étranger.

Nous avons loué une maison près de Montélimar et le propriétaire nous a très gentiment présenté à nos nouveaux voisins en leur disant « j’ai le plaisir de vous présenter mes amis… Suisses… ! » Décidément !

Le titre de cette petite histoire se rapporte à une discussion ma tante et ma mère qui faisaient les achats ensemble dans un petit magasin en Allemagne juste après notre retour d’Amérique. Ma mère avait pris un paquet d’œufs et ma tante lui a dit que « ces œufs-là ne sont pas bons, il ne faut pas les acheter » en précisant que c’étaient « des œufs étrangers ». Ma mère lui a répondu « Tu sais, je n’ai mangé que ça pendant ces dix dernières années et je vais très bien » !

Comme dirait mon ami Albert, « tout est relatif… ». Pour finir, je suis qui je suis et l’essentiel – me semble-t-il – est de ne pas être étranger à soi-même !

La bonne nouvelle est que je me sens très bien ici, dans cette bonne et belle région de Drôme provençale, et que maintenant, finalement, je ne me sens plus étranger du tout.

You must not buy those eggs …

I was born in Germany in 1948 and in 1951 my parents took me with them to Canada. Perhaps that was the only time I was not a « stranger ». Should I specify that I do not remember it?

In Canada, I first became trilingual at age 5. We lived in the same house as an Italian family and I had assimilated a little English in addition to German. So my mother once reminded me of a sentence I said: « Kann ich mit diesem pencil scrivere machen »? A mixture of all three languages ​​to ask if I could use a pencil.

When we returned to Germany in 1961, my language skills were unfortunately limited to English. I no longer spoke German at all. Suffice to say that, even in my country of origin, I was in fact a foreigner in my class.

Six months later we moved to German-speaking Switzerland. Another country, another language because the Swiss German dialect does not have much in common with « good German ». So I was always the foreigner, coming from elsewhere.

My peregrinations continued to take me to French-speaking Switzerland and Greece. In the latter country I learned with difficulty to read the letters and even to speak well enough to telephone, but I was obviously a foreigner. On the other hand, in French-speaking Switzerland, I had reached the stage of speaking French like everyone else. However, I had a different passport and background from others and I was told in many areas that I was indeed a foreigner.

By dint of being confronted with the xenophobia of a good third of the population and many votes to limit the presence of foreigners in the country, I ended up assuming the role of foreigner and I did not seek to be naturalized.

Before retiring and moving to France, I took steps to become a French citizen. Passport in my pocket, I told myself that this time I would no longer be the foreigner.

We rented a house near Montélimar and the owner very kindly introduced us to our new neighbors, saying “I am pleased to introduce you to my friends … Swiss …! »Definitely!

The title of this little story relates to a discussion of my aunt and my mother shopping together in a small store in Germany just after we returned from America. My mother had taken a packet of eggs and my aunt told her that « those eggs are not good, you must not buy them », specifying that they were « foreign eggs ». My mom replied « You know, I’ve eaten only these eggs for the past ten years and I’m doing great »!

As my friend Albert would say, « everything is relative … ». Finally, I am who I am and the main thing – it seems to me – is not to be a stranger to yourself!

The good news is that I feel fine here, in this good and beautiful region of Drôme Provençale, and that now, finally, I don’t feel like a foreigner at all.

Pour Noël

Il est droit mon sapin…du moins presque !

D’habitude j’achète un sapin dans un commerce où je peux le voir debout pour bien le choisir. Cette année, le Centre Ressource à Montélimar, centre pour personnes touchées par le cancer, a proposé des sapins à l’achat et j’ai décidé d’aller le prendre chez eux. Tout c’est bien passé, j’ai donc pris le sapin encore emballé et un socle pour le fixer.

Quelques jours plus tard j’ai décidé de le rentrer au salon et de le décorer. Il fallait encore le fixer dans son socle. Très bien, mais le tronc du sapin partait légèrement de biais et quand je le rentrais dans le trou c’est tout le haut du sapin qui était de travers… J’ai réfléchi et je me suis dit qu’il fallait scier la partie du tronc qui n’était pas droite. Après une longue recherche j’ai réussi à trouver la scie et j’ai coupé un bout de cinq centièmes au salon. Ce n’était pas l’endroit idéal pour scier m’a fait remarquer gentiment mon épouse…Bon, le sapin rentrait dans le socle et il était beaucoup moins de travers, mais quand-même encore de travers…

Mon épouse l’a ensuite touché légèrement et il est tombé aussitôt. Le socle était assez petit et le sapin, en plus d’être encore de travers, était instable…

Idée de génie, j’ai pensé au socle de l’année passé dans le tas de bois de chauffage et l’ai même retrouvé. Il était bien plus grand et stable mais le sapin était toujours de travers…

J’ai ensuite coupé une planche de bois (cette fois à l’extérieur de la maison) pour la mettre sous le socle et le sapin ne penchait plus que d’un côté.

Comme d’habitude nous avons ensuite mis le sapin, avec le socle, dans une caisse en plastique remplie d’eau avec de la glycérine pour que les aiguilles ne tombent pas. Bien, mais surprise…la planche de bois sous le socle s’est dégagée et s’est mise à flotter et tout était à nouveau de travers. Nouvelle recherche de solution et nouvelle idée…J’ai remis la planche sous le socle et j’ai mis un gros cailloux sur le socle et ça tient !

J’ai tout de même encore réussi à glisser une serpillière sous un côté de la boîte en plastique et miracle, le sapin est droit, du moins presque…

Je surveille bien le chat qui tourne autour du sapin pour qu’il ne déstabilise rien !
(Le chat se limite heureusement à sortir un mouton en laine de la crèche et à jouer avec dans le salon)

Cela me rappelle les fêtes de Noël avec mon père. Il était comptable, bureaucrate et gratte-papier comme je l’ai aussi été et il n’avait vraiment aucune connaissance pratique. Il demandait même à d’autres de changer les ampoules! On n’avait qu’un seul outil à la maison.


Il voulait toujours un grand sapin pour Noël – jusqu’au plafond. On allait le chercher ensemble et chaque année en rentrant nous constations que le sapin était trop grand et qu’il fallait le couper. C’est alors qu’on cherchait le seul outil de la maison: la scie de Noël !

En me mettant à scier le sapin cette année j’ai pensé à lui et aux fêtes de Noël du passé en famille.

Le chat-mage / Cat in the crib

My Christmas tree is straight ….almost!

Usually I buy a tree in a store where I can see it standing to choose it. This year, the Resource Center in Montélimar, a center for people victims of cancer, offered trees for purchase and I decided to buy one. Everything went well, so I took the tree, still packed, and a base to fix it. A few days later I decided to bring it into the living-room and decorate it. It still had to be fixed in its wooden base. Very well, but the trunk of the tree started slightly at an angle and when I put it in the hole, the entire top of the tree was askew … I thought about it and I said to myself that I had to saw off the part of the trunk that was not straight. After a long search I managed to find the saw and cut a piece of five centimeters in the living room. It was not the ideal place to saw – my wife kindly told me … Well, the tree went into the base and it was much less askew, but still askew … My wife then touched it lightly and it immediately fell. The base was quite small and the tree, in addition to still being askew, was unstable …

Brilliant idea, I thought of last year’s base in the pile of firewood outside and even found it. It was much bigger and more stable, but the tree was still a bit askew …

I then cut a plank of wood (this time outside the house) to put it under the base and then the tree was only leaning to one side.

As usual we then put the tree, with the base, in a plastic box filled with water and glycerin so that the needles do not fall off. Good, but surprise … the plank of wood under the base freed itself and began to float and everything was askew again.

A new search for a solution and a new idea … I put the board back under the base and I put a large stone on top of the base and it holds!

I still managed to slip a mop under one side of the plastic box and miracle, the tree is straight, at least almost …

I keep a close watch on the cat who turns around the tree so that it does not destabilize anything! (Fortunately, the cat limits itself to taking a woolen sheep out of the Christmas crib and playing with it in the living room)

It reminds me of Christmas holidays with my dad. He was an accountant, bureaucrat, like I was too, and he really had no practical working knowledge. He even asked others to change the light bulbs! We only had one tool at home.

He always wanted a big tree for Christmas – up to the ceiling. We went to look for it together and every year when we got home we noticed that the tree was too big and that it had to be cut. It was then that we looked for the only tool in the house: the Christmas saw!

As I started sawing the tree this year, I thought about this and the Christmas family celebrations of the past.

Raisonnement simpliste – simplistic reasoning

Par ces temps de confinement nous pouvons ralentir, nous reposer et même réfléchir un peu tout en suivant les informations quotidiennes qui annoncent qu’il faudra reprendre le travail, se remettre à l’œuvre, relancer l’économie et voir comment nous allons compenser l’augmentation d’environ 300 milliards d’euros de l’endettement national. On nous dit que c’est un chiffre colossal et c’est vrai.

Comme indiqué ci-dessus, mon raisonnement personnel est simpliste. Il y a décidément des choses qui me chiffonnent et que mon esprit simpliste peine à assimiler.

Le repas des amis

Je me dis que je pourrais préparer un bon repas (évidemment avec l’aide de mon épouse sinon il ne serait guère bon) et inviter 10 amis. J’y mettrais 10 assiettes et je prévoirais des couverts, des serviettes et du vin pour chacun.

Le premier invité arrive en avance, s’assied à table et se sert de 5 assiettes, 1 couvert, 1 serviette et boit la moitié du vin. Je suis surpris au point que cela me coupe le souffle.

Le deuxième invité vient avant que je puisse me reprendre, s’assied et se sert de 2 assiettes, 1 couvert, 1 serviette et boit un tiers du vin restant. Mon souffle est toujours coupé.

Les 2 personnes suivantes sont raisonnables en prenant chacune 1 assiette, 1 couvert, 1 serviette et l’équivalent d’un verre de vin.

Alors que je récupère ma voix, mes 6 derniers amis arrivent.

Ils se mettent à table et ont chacun 1 chaise, 1 couvert, 1 serviette et le droit de se partager (à six)….. une seule assiette et un seul verre de vin.

Je ne sais quoi leur dire…Je ne trouve pas vraiment correct d’indiquer qu’il leur faut faire un effort !

L’histoire du repas pour les amis reproduit la répartition du patrimoine de manière approximative, je l’avoue. Toutefois c’est une image représentative de la réalité de la répartition du patrimoine en France aujourd’hui, chaque invité représentant 10 pour cent de la population.

Et pendant que j’y suis, je sors ma calculette et je trouve que la somme colossale de 300 milliards d’euros représente moins de 5 pour cent du patrimoine de mon premier invité. Il me dira bien sûr qu’il n’a pas de liquidités pour régler car il a tout investi. Je lui propose une solution simpliste qui serait une simple reconnaissance de dette envers l’État qui serait à régler lors d’une future vente ou d’un futur héritage.

Je ne pense pas à ceux qui ont travaillé durement ou qui ont mérité leur fortune en ayant une idée de génie, mais avant tout à ceux qui se trouvent dans cette situation du fait de la transmission par d’autres. Je pense aussi à ceux dont la fortune dépasse un certain seuil et devient du superflu.

Je continue mon raisonnement simpliste et me demande pourquoi certains possèdent en moyenne environ 700 fois plus que d’autres (le 1er invité par rapport au 10e). Je me demande aussi pourquoi ils ne peuvent pas se satisfaire d’un montant maximal à fixer de manière généreuse, pourquoi ils continuent d’encaisser des revenus des centaines de fois plus que d’autres alors qu’ils possèdent déjà bien plus que nécessaire.

On cherche à financer un revenu minimal, on compte les sdf sans changer leur situation, on voudrait pouvoir mieux financer les hôpitaux et les Ehpad, accorder le droit à un logement salubre à tous, on pourrait envisager un droit à la nourriture et bien d’autres projets mais…. Alors pourquoi est-ce que l’on n’entrevoit pas ces mesures de financement par ceux qui ont largement de quoi les assumer et cela sans grand effort…?

Mon raisonnement simpliste me pousse à poser une dernière question : pourquoi acceptons nous cela ?

Simplistic reasoning

By these times of confinement we can slow down, rest and even think a little while following the daily news which announces that we will have to go back to work, get on the job, revive the economy and see how we will compensate for an increase of around 300 billion euros in national debt. We are told that this is a colossal number and it is true.

As stated above, my personal reasoning is simplistic. There are definitely things that bother me and that my simplistic mind struggles to assimilate.

Meal with friends
I tell myself that I could prepare a good meal (obviously with the help of my wife otherwise it would hardly be good) and invite 10 friends. I would put 10 plates on the table and I would provide cutlery, napkins and wine for each.
The first guest arrives early, sits at the table and takes 5 plates, 1 cutlery, 1 napkin and drinks half the wine. I am surprised to the point that it takes my breath away.
The second guest comes before I recover, sits down and takes 2 plates, 1 cutlery, 1 napkin and drinks a third of the remaining wine. My breath is still cut off.
The following 2 people are reasonable, each taking 1 plate, 1 cutlery, 1 napkin and the equivalent of a glass of wine.
As I get my voice back, my last 6 friends arrive.They sit at the table and each have 1 chair, 1 cutlery, 1 napkin and the right to share (between the six of them)…… a single plate and a single glass of wine.
I don’t know what to tell them … I don’t think it is really correct to say that they should make an effort!


The story of the meal for friends reproduces the distribution of national wealth, approximately I do admit. However, it is a representative image of the reality of the distribution of wealth in France today, each guest represents 10 percent of the population.
And while I’m at it, I take out my calculator and find that the colossal sum of 300 billion euros represents about 5 percent of the wealth of my first guest. He will tell me of course that he has no cash to pay because he has invested everything. I offer him a simplistic solution which would be a simple acknowledgment of debt to the State which would be settled during a future sale or a future inheritance.

I am not thinking of those who worked hard or who earned their fortune by having a great idea, but above all those who find themselves in this situation due to a transmission made by others. I also think of those whose fortune exceeds a certain threshold and becomes superfluous.


I continue my simplistic reasoning and just wonder why some possess on average around 700 times more than others (the 1st guest compared to the 10th). I also wonder why they cannot be satisfied with a maximum amount to be set generously, why they continue to collect income hundreds of times more than others when they already have much more than necessary.

We are looking to finance a minimum income, we count homeless people without changing their situation, we would like to be able to better finance hospitals and nursing homes, grant the right to healthy housing to all, we could consider a right to food and many other projects but …. So why do we not envisage these funding measures by those who have more than enough to assume them and do so without major difficulties…

My simplistic reasoning prompts me to ask a final question: why do we accept this ?

Partager l’art – Sharing art

Il y a deux ans j’avais déjà publié un article avec le même titre. Celui-ci est ce qu’on pourrait appeler « une mise à jour » pour utiliser des termes d’actualité. Le projet a en effet évolué. Une nouvelle association a été créée, le champ d’action a été élargi. C’est un nouveau départ dans la continuité. Je vous laisse découvrir l’association « Art pour l’hôpital » en espérant que certains voudront bien y participer.

Voici le nouveau site: https://artpourhopital.art.blog/

peinture/painting John Feight

Sharing Art

Two years ago I already published an article with the same title. This is what you might call « an update » to use current terms. The project has indeed evolved. A new association has been created, the field of action has been widened. It is a new start in continuity with the past. I let you discover the association « Art for the hospital » in the hope that some will be willing to participate.

Here is the link to the new site: https://artpourhopital.art.blog

Bonnes nouvelles – Good news

Ce matin je me suis réveillé pour vivre une nouvelle journée. Je pouvais voir, il y avait de la lumière à l’extérieur. J’avais un lit confortable. J’ai pu me lever et sortir du lit, rien ne me faisait mal. Il y avait un plancher carrelé et un plafond au-dessus de ma tête. Il y avait de l’électricité. J’ai pu chauffer de l’eau grâce au micro-ondes et me préparer un café. Je me suis installé au salon sur le canapé et j’ai regardé le jardin, les arbres au fond du jardin et j’ai constaté que le soleil brillait et que le vent soufflait modérément. Mon ouïe a baissé avec l’âge mais j’entendais quelques chants d’oiseaux. J’ai mis la télé pour voir les informations et ensuite j’ai consulté mes messages sur mon téléphone portable qui me donnait accès au monde entier grâce à internet. J’ai mis en marche le climatiseur réversible pour chauffer un peu car il faisait frais. Je suis allé aux toilettes, je me suis brossé les dents, coiffé et rasé. J’ai pris mes médicaments, je me suis douché. Il y avait de l’eau chaude à volonté. J’avais un choix d’habits pour m’habiller.

Je pouvais me regarder dans la glace sans mauvaise conscience. Je n’avais fait de mal à personne et j’avais autour de moi des personnes que j’aime : mon épouse et mes enfants. Je ne dois rien à personne, je viens de voter aux élections municipales. Nous avons de quoi nous nourrir, nous déplacer (actuellement de manière limitée à cause du virus). Nous avons des amis sur lesquels nous pouvons compter, nous pouvons exprimer librement notre opinion et en principe nous n’avons pas peur d’être agressés.

Une petite vie, je vous l’accorde. Une petite vie faite de bonnes nouvelles quotidiennes auxquelles nous ne faisons que rarement attention. Je sais aussi que la vie peut être plus difficile pour d’autres, même beaucoup plus difficile.

Chacun peut compléter mon histoire car je n’ai décrit qu’une partie du début de la journée. Chacun peut la modifier pour tenir compte de ce qu’il a en plus ou en moins et en fonction de sa vie. Il n’en demeure que, si vous lisez ce texte, la première phrase reste une très bonne nouvelle : « Ce matin je me suis réveillé pour vivre une nouvelle journée ».

Essayons de la vivre au mieux en appréciant les bonnes nouvelles qui nous sont réservées.

Vue du jardin / View of my garden

Good news

This morning I woke up to live a new day. I could see, there was light outside. I had a comfortable bed. I was able to get up and get out of bed, nothing hurt. There was a tiled floor and a ceiling above my head. There was electricity. I was able to heat water with the microwave and make myself a coffee. I settled in the living room on the sofa and I looked at the garden, the trees at the bottom of the garden and I noticed that the sun was shining and that the wind was blowing moderately. My hearing decreased with age but I heard some birds sing. I turned on the TV to see the news and then checked my messages on my cell phone which gave me access to the whole world through the internet. I turned on the reversible air conditioner to heat a little because it was cool. I went to the bathroom, brushed my teeth, combed my hair and shaved. I took my medicine, I showered. There was unlimited hot water. I had a choice of clothes to dress.

I could look at myself in the mirror without a bad conscience. I hadn’t hurt anyone and I had people around me that I love: my wife and my children. I don’t owe anyone anything, I just voted in the municipal elections. We have enough to eat, to move around (currently in a limited way because of the virus). We have friends we can count on, we can freely express our opinion and in principle we are not afraid of being attacked.

A little life, I grant you. A little life made up of daily good news that we rarely pay attention to. I also know that life can be more difficult for others, even much more difficult.

Everyone can complete my story because I only described part of the start of the day. Everyone can modify it to take into account what they have more or less and according to their life. The fact remains that, if you read this text, the first sentence remains very good news: « This morning I woke up to live a new day ».

Let’s try to live it as well as possible by enjoying the good news that is waiting for us.

Quelques souvenirs de Berlin – Some memories of Berlin

Quelques souvenirs de Berlin

J’étais curieux. Probablement dans au moins deux sens du terme. C’était la fin des années soixante, début des années « septante » (j’habitais en Suisse). Il fallait que j’aille découvrir Berlin. Mon père y était né. J’avais deux adresses et j’ai été très bien reçu. J’y suis allé plusieurs fois par la suite – en dépit du trajet de mille kilomètres.

J’aimais beaucoup me balader dans la ville, visiter les monuments et musées et surtout parler avec les gens. Berlin était une » île » et les gens avaient besoin et une grande envie de se parler pour mieux supporter l’isolement. La vue du mur et des gardes dans les miradors était un signal hostile et rappelait la situation particulière des habitants. Certes, on ne les voyaient pas tous les jours mais l’on savait toujours qu’ils étaient là…..immobiles, silencieux, incompréhensibles, obscures et surtout menaçant.

Ma curiosité m’a poussé à aller voir de l’autre côté du mur quand cela a été autorisé. Il a fallu changer des Marks de l’ouest contre ceux de l’est au cours artificiel de un à un et il fallait rentrer à l’ouest le même jour. Drôle de sensation de se sentir observé attentivement par tous ceux que l’on croise et de voir un nombre impressionnant de policiers presque à tous les coins de rue…

Je suis allé dans un petit restaurant pour manger. Toujours en me sentant sous étroite surveillance. Les prix étaient dérisoires mais le choix très limité. J’ai choisi un plat de charcuterie et l’on m’a servi trois rondelles de salami. Les rondelles étaient grises et ne contenaient que 3 à 5 petites taches rouges…

Pour rentrer, il était interdit de sortir les Marks de l’est. Comme je le savais, j’en avais auparavant fait cadeau à une fille qui passait par là, ce qui m’a valu un petit sourire d’étonnement.

Ensuite les contrôles approfondis d’identité et enfin – en arrivant à l’ouest – le sentiment de ne plus être oppressé.

Mes amis ont déménagé. Je n’ai jamais revu Berlin sans le mur . J’ai néanmoins eu le grand plaisir de pouvoir constater qu’il avait été réellement démantelé en voyant un bout de ce maudit mur dans le Mucem à Marseille.

Que du bonheur de savoir que ce mur a été abattu !

Some memories of Berlin

I was curious. Probably in at least two senses of the word. It was in the late sixties, early seventies (I lived in Switzerland). I just had to go to Berlin. My father was born there. I had two addresses and was very well received. I went there several times afterwards – despite the journey of a thousand kilometers.

I loved walking around the city, visiting monuments and museums and especially talking with people. Berlin was an « island » and people needed and wanted to talk to each other to better cope with their isolation. The sight of the wall and the guards in the watchtowers was a hostile signal and recalled the particular situation of the inhabitants. Of course, we did not see them every day but we always knew they were there ….. immobile, silent, incomprehensible, obscure and most of all threatening.

My curiosity pushed me to go to the other side of the wall once it was allowed. It was necessary to change the Marks of the west against those of the east at the artificial rate of one to one and one had to return to the west the same day. Funny feeling of being watched carefully by everyone you meet and seeing an impressive number of police almost at every corner …

I went to a small restaurant to eat. Always feeling under close supervision. The prices were ridiculously low and the choice was very limited. I chose a meat platter and I was served three slices of salami. The slices were gray and contained only 3 to 5 small red spots.

To return to the west, it was forbidden to keep the Marks from the east. As I was aware of that, I had given my money to a girl who was passing by and that earned me a small surprised smile.

Then the thorough identity checks and finally – arriving in the west – the feeling of no longer being oppressed.

My friends moved. I never saw Berlin without the wall.

Nevertheless, I had the great pleasure of being able to see that he had really been dismantled when I saw a piece of this cursed wall in the Mucem in Marseille.

So happy to know that this wall was broken down!

Mon ami Albert – My friend Albert

Tout est miracle

Albert Einstein

Il n’y a que deux manières de vivre ta vie. L’une est comme si rien n’est un miracle. L’autre est comme si tout est un miracle.


Mais sans réflexion plus profonde, on sait de la vie quotidienne qu’on existe pour les autres; tout d’abord pour ceux dont les sourires et le bien-être sont au cœur de notre bonheur, puis pour les innombrables inconnus, auxquels nous sommes liés par les liens de sympathie.


Cent fois par jour, je me rappelle que ma vie intérieure et extérieure est basée sur le travail d’autres hommes, vivants et morts, et que je dois m’efforcer de donner dans la même mesure que ce que j’ai reçu et que je reçois encore.


Un être humain fait partie d’un tout, appelé par nous « Univers », une partie limitée dans le temps et dans l’espace. Il éprouve son être, ses pensées et ses sentiments, en tant que quelque chose de séparé du reste – une sorte d’illusion d’optique de sa conscience.

Cette illusion est une sorte de prison pour nous, nous limitant à nos désirs personnels et à l’affection de quelques personnes les proches de nous.

Notre tâche doit être de nous libérer de cette prison en élargissant nos cercles de compassion pour embrasser tous les êtres vivants et la nature dans toute sa beauté.


Seule une vie vécue pour les autres vaut la peine d’être vécue.


–Albert Einstein

Everything Is A Miracle

Albert Einstein

There are only two ways to live your life. One is as though nothing is a miracle. The other is as though everything is a miracle.

But without deeper reflection one knows from daily life that one exists for other people; first of all for those upon whose smiles and well-being our own happiness is wholly dependent, and then for the many, unknown to us, to whose destinies we are bound by the ties of sympathy.

A hundred times every day I remind myself that my inner and outer life are based on the labors of other men, living and dead, and that I must exert myself in order to give in the same measure as I have received and am still receiving.

A human being is part of a whole, called by us the « Universe, » a part limited in time and space. He experiences himself, his thoughts and feelings, as something separated from the rest -a kind of optical delusion of his consciousness. This delusion is a kind of prison for us, restricting us to our personal desires and to affection for a few persons nearest us.

Our task must be to free ourselves from this prison by widening our circles of compassion to embrace all living creatures and the whole of nature in its beauty.

Only a life lived for others is worth living.

–Albert Einstein

Les proverbes et les amis de longue date

Au fond, j’aime beaucoup les proverbes. Souvent ils résument en quelques mots une sagesse qui est le fruit de longues et nombreuses expériences et cela sous différentes formes selon la région d’origine du proverbe. Toutefois, il convient parfois de ne pas les suivre de manière aveugle. Ainsi le proverbe « loin des yeux, loin du cœur » est bien souvent vrai – mais pas toujours.

Dans ma vie il m’a été donné de beaucoup voyager et d’habiter dans de nombreux pays. Mes études et mon travail auprès d’une organisation internationale m’ont permis de créer des liens d’amitié avec des personnes ayant des origines bien différentes. Ces personnes sont en général retournées dans leurs pays d’origine et, de mon côté, j’ai continué à déménager pour finalement venir habiter en France.

Je ne revois ces amis que très rarement en raison des distances impliquées mais j’ai récemment pu rencontrer plusieurs « vieux amis » chez moi et également chez eux. A chaque fois, nous avons repris nos discussions avec la même entente amicale comme ci l’on s’était quittés il y a quelques jours et non quelques décennies.

L’amitié ne se perd pas, elle est ancrée en nous et y reste – même si l’on est loin des yeux.

C’est ainsi que je reviens d’un voyage en Grèce où j’ai pu revoir des amis après une quinzaine d’années. Ils nous ont invités pour fêter la Pâques orthodoxe en famille avec eux et ce fut un moment de pure émerveillement. Nous avons pu redécouvrir les magnifiques sites historiques et surtout les paysages.

En tant qu’artiste-peintre amateur, j’ai fait un petit dessin d’une vue sur le Golfe de Corinthe à Nafpactos que j’ai plaisir de partager avec vous et qui égayera, j’espère, votre journée.

Proverbs and long-time friends

Basically, I like proverbs.

Often they summarize in a few words a wisdom that is the fruit of long and many experiences and this in different forms depending on the region of origin of the proverb. However, it is sometimes appropriate not to follow them blindly. Thus the proverb « out of sight, out of mind » is often true – but not always.

In my life I have been able to travel a lot and live in many countries. My studies and my work for an international organization allowed me to create friendships with people from very different backgrounds. These people have generally returned to their country of origin and, for my part, I continued to move to finally come to live in France.

I see these friends very rarely because of the distances involved, but I recently met many of my « old friends » at my house and at their home. Each time, we resumed our discussions with the same friendly understanding as if we had left each other a few days ago and not a few decades.

Friendship is not lost, it is anchored in us and stays there – even if we are out of sight.

That’s how I came back from a trip to Greece where I was able to see friends after fifteen years. They invited us to celebrate Orthodox Easter with their families and it was a moment of pure wonder. We were able to rediscover the magnificent historical sites and especially the landscapes.

As an amateur painter, I made a small drawing of a view of the Gulf of Corinth, at Nafpactos, that I enjoy sharing with you and that will brighten, I hope, your day.

A 50 cm près !

Deux jours avant Noël, je suis allé chercher ma fille aînée en voiture à la gare de Sarrebourg en Lorraine. J’étais accompagné de mon fils qui me tenait compagnie. Tout s’est bien passé pour la chercher et nous avons entrepris le voyage de retour d’environ trente kilomètres pour atteindre la maison de ma belle-mère, située dans le minuscule village de Moncourt.

Il faisait nuit, la route était mouillée et j’ai adapté ma vitesse de conduite à environ 70 km/h , maximum 80 km/h sur les longues lignes droites. Nous étions justement sur une de ces lignes droites, peu avant le village d’Azoudange et nous nous approchâmes d’une intersection – située à l’extérieur du village – avec une route secondaire, non prioritaire.

Au niveau de cette intersection il y avait une voiture à l’arrêt. Seuls les phares étaient visibles dans l’obscurité. Notre itinéraire nous faisait continuer tout droit, sur la route principale, afin d’entrer dans le village.

C’est alors que la voiture en face s’avançait pour tourner vers sa gauche et croisait le chemin de notre voiture! C’était incompréhensible, absurde, mais la voiture d’en face occupait environ le tiers de mon côté de la route!

A cet instant j’ai eu comme un flash, un film qui dans lequel je me voyais freiner et ne pas pouvoir éviter la collision avec cette autre voiture. J’ai vu la tôle qui se pliait et j’avais l’image de ma voiture qui se dressait en l’air et ensuite… le noir complet. Je ne sais pas combien de temps cela a pris mais cela a dû être instantané.

Quoi qu’il en soit, je n’ai pas freiné et j’ai tiré le volant à droite pour éviter l’autre voiture – qui heureusement avait cessé d’avancer. J’ai réussi à l’éviter de très peu et j’ai donné aussitôt un autre coup de volant à gauche pour redresser ma voiture.

A 50 cm près, l’histoire aurait été bien différente!

At 50 cm!

Two days before Christmas, I went to get my eldest daughter by car at the Sarrebourg station in Lorraine. I was accompanied by my son who was keeping me company. Everything went well to find her and we began the return journey of about thirty kilometers to reach the house of my mother-in-law, located in the tiny village of Moncourt.
It was dark, the road was wet and I adapted my driving speed to about 70 km / h, maximum 80 km / h on long straight lines. We were on one of these straight lines, just before the village of Azoudange and approached an intersection – located outside the village – with a secondary road, not a priority.
At this intersection there was a car in a stationary position. Only the lights of the car were visible in the dark. Our route took us straight on the main road to enter the village.

It was then that the car in front of us went forward and turned to it’s left which meant crossing the path of our car! It was incomprehensible, absurd, but the car in front of us took about a third of my side of the road!
At that moment I had like a flash, a film, in which I saw myself brake and not be able to avoid the collision with this other car. I saw sheets of metal bending and I had the image of my car rising in the air and then … a complete blackout. I do not know how long it took, but it had to be instantaneous.
Anyway, I did not brake and I pulled the steering wheel to the right in order to avoid the other car – which luckily had stopped moving. I barely managed to avoid the car and then I immediately pulled the steering wheel to the left to straighten my car.
At 50 cm, the story would have been very different!

Les petites actions

Voici une histoire que j’aime beaucoup dont je ne connais pas l’auteur.

Le petit garçon et les étoiles de mer

Pendant mes dernières vacances, au bord de la mer, un matin en arrivant sur la plage, j’ai découvert des milliers d’étoiles de mer qui s’étaient échouées dans la nuit. J’étais complètement estomaqué par ce spectacle quand je vois un petit garçon au bord de la mer qui prend une étoile de mer entre ses deux doigts et la rejette à la mer. Pendant que je m’approche, il continue sa tâche en essayant de lancer les étoiles de mer le plus loin possible dans la mer. Arrivé près de lui, je le félicite pour ce qu’il a entrepris mais je lui fais remarquer que c’est une tâche impossible :
– Même si tu continues tout le temps à les rejeter, une par une, à la mer, compte tenu des milliers et des milliers d’étoiles de mer qui se sont échouées, à la fin de la journée, on ne verra pas beaucoup la différence sur la plage. A ce moment là, le jeune garçon, qui venait de prendre délicatement une étoile de mer s’est redressé, il m’a regardé droit dans les yeux et avec un grand sourire, il m’a dit :
– D’accord, peut-être que ça ne changera pas beaucoup de choses sur la plage, mais, pour cette étoile de mer-là, ça fait une sacrée différence.

Small actions
Here is a story I like a lot, of which I do not know the author.

The little boy and the sea stars

During my last vacation, by the sea, one morning on the beach, I discovered thousands of starfish that had been stranded over the night. I was completely stunned by this sight when I see a little boy at the seaside taking a starfish between his two fingers and throwing it into the sea. As I approach, he continues his task trying to launch the starfish as far as possible into the sea. I come close to him, I congratulate him for what he has undertaken but I point out that it is an impossible task:

-Even if you keep rejecting them one by one, at sea, considering the thousands and thousands of starfish that went aground, at the end of the day, we will not see much of difference on the beach.


At that moment, the young boy, who had just taken a starfish, straightened up, he looked me straight in the eyes and with a big smile, he said:

-Okay, maybe it will not change a lot of things on the beach, but for this starfish, it’s a big difference.

L’intuition en famille

Faites confiance à vos intuitions!

Notre fils était en troisième au collège, au tout début du deuxième trimestre, et en face de lui se trouvait le vice-directeur qui, sans en avoir préalablement parlé avec lui et sans avoir consulté un orientateur, lui annonçait sèchement qu’il n’avait pas du tout « le niveau » pour aller au lycée, qu’il ne pouvait pas non plus faire un bac pro et que ce qui lui conviendrait serait un apprentissage pour devenir chauffeur de poids lourds. La manière était des plus autoritaires et arrogantes !

Nous étions présents mais vraiment pris de court par cette annonce. Nous avons néanmoins pu indiquer que nous ne partagions pas cet avis et que le fait de faire un apprentissage de chauffeur de poids lourds ne nous dérangerait pas dans l’absolu et pouvait convenir à bien des personnes. Nous avons toutefois rajouté qu’à notre avis cette orientation ne correspondait pas du tout au désir de notre fils et que nous pensions qu’il avait les facultés intellectuelles pour faire des études plus avancées et qu’il serait dommage de ne pas lui accorder cette chance.

Il a ensuite fallu le « ramasser à la petite cuillère », le soutenir et le motiver pour qu’il reprenne pied et confiance. Il fallait aussi s’opposer formellement au choix d’orientation maintenu par son collège en dépit de nos arguments.

Notre fils a ensuite réussi son brevet d’études et le collège a dû lui permettre de poursuivre ses études dans la voie de son choix, soit au lycée technologique. Au bout de trois ans supplémentaires il vient de quitter ce lycée avec son bac en poche et il a été admis pour faire un BTS à Montpellier à partir de septembre! C’était notre très bonne nouvelle de l’été.

Aujourd’hui il est très content et nous sommes très heureux pour lui et heureux d’avoir suivi notre intuition.

En effet, ce n’est pas la première fois que nous n’avons pas suivi l’opinion de personnes censées être des experts (médecins, psychologues, professeurs, etc.) quand leur avis ne correspondait pas à notre ressenti. Parfois nous avons sollicité un deuxième avis mais en général nous avons fait confiance à notre intuition et avons à chaque fois été contents de ne pas écouter les avis « d’experts » quand ces avis ne nous semblaient pas justes.

Alors, confiance, suivez vos intuitions !

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Intuition in the family

Trust your intuitions!

Our son was in third at his college, at the very beginning of the second term, and in front of him was the deputy director who, without having previously spoken with him and without having consulted an adviser, told him curtly that he didn’t have the « level » at all to go to high school, that he could not do a profesionnal baccalaureate either and that what would be suitable for him would be an apprenticeship to become a truck driver. The way he spoke was most authoritarian and arrogant!

We were there and really taken aback by this announcement. However, we were able to say that we do not share his opinion and that learning to be a truck driver would not bother us in the absolute and could suit many people. However, we added that, in our opinion, this orientation did not correspond at all to our son’s desire and that we thought that he clearly had the intellectual faculties to study further and that it would be a shame not to give him this chance.

We then had to support him and motivate him to regain his footing and confidence. It was also necessary to formally oppose the choice of orientation maintained by his college despite our arguments.

Our son then passed his diploma of college studies and the college had to allow him to continue his studies in the path of his choice, that is to say in the technological high school. After three more years he has just left this school with his baccalaureate in his pocket and he was admitted to do a BTS in Montpellier starting September! It was our very good news of the summer.

Today he is very happy and we are very happy for him and happy to have followed our intuition.

Indeed, this is not the first time that we have not followed the opinion of people supposed to be experts (doctors, psychologists, teachers, etc.) when their opinion did not correspond to our feelings. Sometimes we asked for a second opinion but in general we trusted our intuition and in the end, we have each time been glad not to have listened to the « expert » when his opinions did not seem right.

So, have trust and follow your intuitions!

La vie réserve des surprises

En 1993 une fille est née dans le Sud de l’Inde. Elle a été victime de la polio. Elle a été prise en charge dans l’orphelinat de Mère Theresa à Calcutta. A l’âge de 5 ans elle a été adoptée en Suisse. Elle a appris à marcher avec une orthèse et des béquilles. Après un déménagement en France, elle a accompli une formation en bijouterie et joaillerie et a ensuite commencé à travailler. Elle s’est beaucoup engagée dans ce travail qui lui plaît et a également appris l’anglais. L’entreprise dans laquelle elle travaille a été reprise et la nouvelle direction lui a fait confiance et lui a confié des responsabilités. Elle vient de rentrer d’une mission en Asie du Sud Est où elle a été chargée d’acheter des pierres précieuses – et il est prévu qu’elle se rende prochainement en Inde dans le même contexte.

C’est l’histoire de notre fille – qui prouve que tout est possible dans la vie.

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Life is full of surprises

In 1993 a girl was born in South India. She was a victim of polio. She was taken care of in Mother Theresa’s orphanage in Calcutta. At the age of 5 she was adopted in Switzerland. She learned to walk with an orthosis and crutches. After moving to France, she completed a training in jewelery and jewelry and then began to work. She is very involved in this work that she likes and has also learned English. The company in which she works has been taken over and the new management has trusted her and entrusted her with responsibilities. She has just returned from a mission to South East Asia where she was commissioned to buy gems – and it is expected that she will visit India soon in the same context.

This is the story of our daughter – which proves that everything is possible in life.

On devrait s’en inspirer…

Voici une histoire que j’ai découverte par hasard et qui me fait penser aux inégalités auxquelles nous sommes confrontées.

On raconte qu’un voyageur, après avoir parcouru la plupart des contrées de sa connaissance, se trouva un jour face à un embranchement inédit. Il prit la route de droite et se retrouva devant une porte qui n’avait pas de nom. S’approchant, il entendit des cris de souffrance et d’horribles gémissements.

Il ouvrit la porte et entra dans une vaste pièce où tout était préparé pour un extraordinaire festin. Au centre était dressé une grande table, et sur cette table, un plat contenait des mets délicieux dont les effluves le faisaient saliver. Cependant, les convives assis autour de la table hurlaient de faim: les cuillères, deux fois plus longues que leurs bras, étaient fixées à leurs mains de manière qu’ils pouvaient se servir mais qu’aucun n’arrivait à porter la nourriture à sa bouche.

Effrayé, le voyageur rebroussa chemin et choisit l’autre embranchement.

Le lieu où il parvient semblait en tous points identique, mais en s’approchant, il n’entendit résonner que les éclats de rire et de bonne humeur. Les convives étaient soumis au même défi, mais une seule chose avait changé:

au lieu de tenter désespérément de porter la nourriture à leur bouche, ils se nourrissaient les uns les autres.

We should be inspired …

Here is a story I discovered by chance that reminds me of the inequities we face.
It is said that a traveler, after having traversed most of the lands of his acquaintance, found himself one day facing an unknown intersection. He took the road on the right and after a short walk found himself in front of a door that had no name. Approaching, he heard cries of pain and horrible moans.
He opened the door and entered a large room where everything was prepared for an extraordinary feast. In the center was a large table, and on this table, a dish contained delicious dishes whose scent made him salivate. However, the guests sitting around the table were screaming with hunger: the spoons, twice as long as their arms, were attached to their hands so that they could use themselves but none could bring the food to their mouth.
Frightened, the traveler turned back and chose the other direction.
The place where he arrived seemed exactly the same, but as he approached he heard nothing but bursts of laughter and good humor. The guests were subject to the same challenge, but only one thing had changed:
instead of trying desperately to bring the food to their mouths, they fed each other.

Les conseils d’antan restent d’actualité

IMG_0993.JPGTu apprendras la vie ….

Après quelque temps,
Tu apprendras la différence entre tendre la main et secourir une âme.
Et tu apprendras que aimer ne signifie pas s’appuyer, et que compagnie ne signifie pas toujours sécurité.
Tu commenceras à apprendre que les baisers ne sont pas des contrats, ni des cadeaux, ni des promesses…
Tu commenceras à accepter tes échecs la tête haute, comme un adulte, et non avec la tristesse d’un enfant.
Et tu apprendras à construire aujourd’hui tes chemins, parce que le terrain de demain est incertain, et ne garantit pas la réalisation des projets, et que le futur a l’habitude de ne pas tenir ses promesses.

Après un certain temps,
Tu apprendras que le soleil brûle si tu t’y exposes trop.
Tu accepteras le fait que même les meilleurs peuvent te blesser parfois, et que tu auras à leur pardonner.
Tu apprendras que parler peut alléger les douleurs de l’âme.
Tu apprendras qu’il faut beaucoup d’années pour bâtir la confiance, et à peine quelques secondes pour la détruire, et que, toi aussi, tu pourrais faire des choses dont tu te repentiras le reste de ta vie.
Tu apprendras que les vraies amitiés continuent à grandir malgré la séparation. Et que ce qui compte, ce n’est pas ce que tu possèdes, mais qui compte dans ta vie.
Et que les bons amis sont la famille qu’il nous est permis de choisir.
Tu apprendras que nous n’avons pas à changer d’amis, si nous acceptons que nos amis changent et évoluent.
Tu expérimenteras que tu peux passer de bons moments avec ton meilleur ami en faisant n’importe quoi, ou en ne rien faisant, seulement pour le plaisir de jouir de sa compagnie.
Tu découvriras que souvent nous prenons à la légère les personnes qui nous importent le plus ; et pour cela nous devons toujours dire à ces personnes que nous les aimons, car nous ne savons jamais si c’est la dernière fois que nous les voyons…
Tu apprendras que les circonstances, et l’ambiance qui nous entoure, ont une influence sur nous, mais que nous sommes les uniques responsables de ce que nous faisons.
Tu commenceras à comprendre que nous ne devons pas nous comparer aux autres, sauf si nous désirons les imiter pour nous améliorer.
Tu découvriras qu’il te faut beaucoup de temps pour être enfin la personne que tu désires être, et que le temps est court…
Tu apprendras que si tu ne contrôles pas tes actes, eux te contrôleront.
Et qu’être souple ne signifie pas être mou ou ne pas avoir de personnalité : car peu importe à quel point une situation est délicate ou complexe, il y a toujours deux manières de l’aborder.
Tu apprendras que les héros sont des personnes qui ont fait ce qu’il était nécessaire de faire, en assumant les conséquences.
Tu apprendras que la patience requiert une longue pratique.
Tu découvriras que parfois, la personne dont tu crois qu’elle te piétinera si tu tombes, est l’une des rares qui t’aidera à te relever.
Mûrir dépend davantage de ce que t’apprennent tes expériences que des années que tu as vécues.
Tu apprendras que tu tiens beaucoup plus de tes parents que tu veux bien le croire.
Tu apprendras qu’il ne faut jamais dire à un enfant que ses rêves sont des bêtises, car peu de choses sont aussi humiliantes ; et ce serait une tragédie s’il te croyait, car cela lui enlèverait l’espérance!
Tu apprendras que, lorsque tu sens de la colère et de la rage en toi, tu en as le droit, mais cela ne te donne pas le droit d’être cruel.
Tu découvriras que, simplement parce que telle personne ne t’aime pas comme tu le désires, cela ne signifie pas qu’elle ne t’aime pas autant qu’elle en est capable : car il y a des personnes qui nous aiment, mais qui ne savent pas comment nous le prouver…
Il ne suffit pas toujours d’être pardonné par les autres, parfois tu auras à apprendre à te pardonner à toi-même…
Tu apprendras que, avec la même sévérité que tu juges les autres, toi aussi tu seras jugé et parfois condamné…
Tu apprendras que, peu importe que tu aies le cœur brisé, le monde ne s’arrête pas de tourner.
Tu apprendras que le temps ne peut revenir en arrière. Tu dois cultiver ton propre jardin et décorer ton âme, au lieu d’attendre que les autres te portent des fleurs…

Alors, et alors seulement, tu sauras ce que tu peux réellement endurer ; que tu es fort, et que tu pourrais aller bien plus loin que tu le pensais quand tu t’imaginais ne plus pouvoir avancer !
C’est que réellement, la vie n’a de valeur que si tu as la valeur de l’affronter !

– William Shakespeare

Partager l’art – décorer l’hôpital —Sharing art – decoration of a hospital

Ce projet a été remplacé par la création de l’association « Art pour l’hôpital » voir https://artpourhopital.art.blog/

Voici un projet dont je suis l’instigateur. Il est toujours d’actualité et vous pouvez le soutenir sur le site de financement participatif

http://www.helloasso.com

(faites une recherche avec les termes « hopital montelimar »)

L’ART A L’HÔPITAL

En contribuant à notre collecte de fonds, vous pouvez aider à

redécorer l’Hôpital de Montélimar !

Nous voulons y introduire de la couleur et de la beauté sur les murs pour partager le plaisir de l’art ; tels sont les buts de notre action.

La présence d’œuvres d’art dans les hôpitaux a un effet thérapeutique favorable sur les patients et rehausse le moral des familles et du personnel.

Actuellement la grande majorité des chambres des patients, des corridors et des salles d’attente sont dépourvus de décoration. Seul le service de la Pédiatrie fait exception à ce constat. Notre association a décidé de contribuer à l’embellissement des lieux en remettant gratuitement à l’hôpital des reproductions des œuvres de nos membres. Concrètement cela se passe comme suit :

    • nos membres prennent des photos de leurs œuvres

    • les représentants des différents services de l’hôpital choisissent ensuite les photos à reproduire et le format désiré

    • grâce à l’argent récolté, nous commandons ensuite les reproductions et les remettons au personnel de l’hôpital qui les fixera dans les chambres des patients et dans les locaux.

Notre action vise à introduire l’art dans l’hôpital à un coût très bas (moins de 20 euros pour une reproduction de taille moyenne de 60 x 40 cm). Les reproductions sont de très bonne qualité et l’utilisation d’un support en Forex (PVC) permet d’éviter tout risque de se blesser.

La décoration de l’Hôpital de Montélimar constitue la première action d’embellissement menée par notre association. Nous avons prévu de poursuivre cette activité et de mener des actions similaires dans d’autres hôpitaux et dans des maisons de retraite de notre région.

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Sharing art – decoration of a hospital

(faites une recherche avec les termes « hopital montelimar »)

Here is a project of which I am the instigator. It is still relevant and you can support it on the crowdfunding

site http://www.helloasso.com

(search with the words « hospital montelimar »)

ART AT THE HOSPITAL By contributing to our fundraising, you can help redecorating the Montelimar Hospital!

We want to bring color and beauty to the walls to share the pleasure of art; these are the goals of our action.
The presence of works of art in hospitals has a beneficial therapeutic effect on patients and enhances the morale of families and staff.
Currently the vast majority of patient rooms, corridors and waiting rooms are devoid of decoration. Only the service of Pediatrics is an exception to this observation. Our association decided to contribute to the beautification of the places by giving the hospital free reproductions of the works of our members. In concrete terms, this is as follows:

  • – our members take pictures of their works
    – the representatives of the various departments of the hospital then choose the photos to be reproduced and the desired format
    – thanks to the money collected, we then order the reproductions and hand them over to the hospital staff who will fix them in the patients’ rooms and on the premises.

Our action aims to introduce art into the hospital at a very low cost (less than 20 euros for an average reproduction of 60 x 40 cm). The reproductions are of very good quality and the use of a support in Forex (PVC) makes it possible to avoid any risk of people being hurt.
The decoration of the Montélimar Hospital is the first beautification action carried out by our association. We have planned to continue this activity and to carry out similar actions in other hospitals and retirement homes in our region.

 

Contact information

Bernard Honig,

email     famonig@yahoo.fr

tel 0033 6 43 23 39 49

Les trois Mercedes… The three Mercedes

Il y a déjà bien des années mon épouse et moi étions invités chez des voisins (en Suisse) pour partager un repas. Nos discussions portaient entre autres sur la question de l’adoption, une thématique que nous avions en commun. Eux avaient adopté un enfant et nous avons adopté trois enfants (une longue histoire et toute une aventure). Leur enfant venait d’Afrique et les nôtres de l’Inde.

Leur enfant avait la particularité d’être originaire de la famille proche de notre voisine, une pratique assez commune dans son pays d’origine.

Pendant le repas, notre voisine évoquait la possibilité d’adopter un deuxième enfant de la famille. Elle avait probablement attendu notre visite pour aborder ce sujet avec son mari. Celui-ci a tout de suite répondu négativement tout en énumérant et chiffrant précisément tous les coûts liés à la présence d’un enfant en termes de nourriture, habillement, éducation, etc. Il a ensuite conclu sa démonstration détaillée en précisant qu’un enfant allait « coûter au moins autant qu’une nouvelle Mercedes » (ils en avaient une).

Nous ne sommes pas intervenus à ce propos au cours du repas et avons quelque peu écourté notre visite au vu de l’ambiance un peu tendue qui régnait entre nos hôtes.

C’est en rentrant chez nous que nous nous sommes regardés et avons posé la question:

qu’est-ce qu’on ferait avec trois Mercedes….???

Est-il utile de préciser que nous n’avons toujours pas de Mercedes?

DSC04748.JPG

Voici un dessin de notre fils quand il était encore tout petit. Here a drawing our son made when he was still very young.

Many years ago my wife and I were invited to a neighbor’s house (in Switzerland) to share a meal. Our discussions included the issue of adoption, a theme we had in common. They had adopted a child and we adopted three children (a long story and an adventure). Their child came from Africa and ours from India.

Their child had the distinction of being from our neighbor’s close family, a practice quite common in its country of origin.

During the meal, our neighbor’s wife mentioned the possibility of adopting a second child of her family. She had probably waited for our visit to discuss this with her husband. He immediately responded negatively while listing and quantifying all the costs related to the presence of a child in terms of food, clothing, education, etc. He then concluded his detailed demonstration by stating that a child would « cost at least as much as a new Mercedes » (they had one).

We did not intervene in this regard during the meal and somewhat shortened our visit in view of the a little bit tense atmosphere between our hosts.

When we returned home, we looked at each other and asked the question:

what would we do with three Mercedes …. ???

Is it worth mentioning that we still do not have a Mercedes?

Reconnaître les valeurs Recognize values

Un peu dans le même esprit que l’article sur les choses qui « vont de soi », je reproduis une citation en anglais dont la traduction est

« Nous ne connaissons pas la valeur de l’eau avant que le puits ne soit à sec »

Il suffit parfois de ralentir et de se mettre en situation de vivre l’instant présent pour se rendre compte de toute la beauté qui nous entoure constamment.

 

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Recognize values

In the same spirit as the article on things that « go without saying », I reproduce a quotation in English

« We do not know the value of water before the well is dry »

Sometimes it is enough to slow down and put oneself in situation to live the present moment to realize all the beauty which surrounds us constantly.

Les choses « qui vont de soi » Things that « go without saying »

Voici un texte (paru dans le magazine « Respire ») que j’ai beaucoup apprécié et qui incite à apprécier tout ce qui semble « aller de soi », souvent les choses bien importantes dans nos vies.

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Things « that go without saying »

Here is a text (published in the magazine « Respire ») that I appreciated and that encourages to appreciate everything that seems « self-evident », often the things that are very important in our lives.

Here’s the translation of the text: 

Dive!
The scene takes place in a small seaside resort in southern Vendée. Low tide.
Albertine, a young sea bream, stays motionless in the shelter of a stone. She quietly waits for the water to go back to join her family.
A tourist takes advantage of the low tide to walk on the foreshore, while picking up shells.
Soaking languidly his feet in the pond where Albertine is, he says: « Oh the ocean, what a wonder! To say that I wait all year to find it … But what a reward, it’s so good to feel the water on your body, swim and cool off in a pure wave. What a renewal! « 
Hearing these words, Albertine remains dumb … and at the very least perplexed. The vacationer retires. The sea goes up …
Finding her congeners, Albertine asks them: « What is the ocean, what is water? I would love to know them. I heard they were wonderful … « 
At home: « Dad, Mom, what is water? To friends: « Tell me, what is water? No one knows how to answer.
« Never heard of it … », « What are you talking about? « …
Fish will continue to ask this question for a long time: « What is water? « 
While we keep bathing in our environment, we come to ignore the wonders that surround us. So let’s take advantage of the summer to wake up all our senses: do not let the hassle keep us from enjoying the delights of life! And, when we come back from vacation, let’s keep those wondering eyes on our daily lives … life is a game!

Pauvreté — Poverty

Pauvreté

Lors d’une activité bénévole j’ai fait la connaissance d’une dame de mon âge. Elle avait toujours le sourire et nous avons échangé quelques bribes de conversation au fil du temps. L’activité consistait en la distribution de produits alimentaires aux personnes dans le besoin. J’ai alors été surpris d’apprendre que cette dame bénéficiait elle-même de cette aide, du moins en hiver car elle percevait une petite retraite et « était trop riche » pour en bénéficier en été quand les critères d’accès étaient renforcés.

Elle me parlait de sa fille qui cherchait un emploi et de son appartement situé plein sud dans lequel il faisait chaud en été.

A l’occasion d’un apéritif de fin d’année elle m’a dit qu’elle allait « comme ci, comme ça » et ajouta le mot « cancer ». Il m’avait semblé qu’elle avait maigri, alors qu’elle était déjà maigre, mais sa manière de s’exprimer ne laissait pas entrevoir que c’était la dernière fois que je la voyais.

En effet, quelques semaines plus tard j’ai reçu un message de l’association qui m’informait de son décès et de la cérémonie funèbre à l’église.

Je m’y suis rendu et à ma grande tristesse j’y ai dû constater qu’en dehors de sa fille et de quatre autres personnes, toutes les autres personnes présentes étaient des membres de l’association. En raison de sa pauvreté elle n’avait aucun réseau d’amis ou de proches et vivait donc coupée du monde et cela en dépit de sa générosité et gentillesse. Elle a dû vraiment vivre une grande solitude pour qu’à la fin de sa vie il n’y ait que si peu de personnes pour prendre congé d’elle.

Son sourire manque désormais lors de la distribution.

La pauvreté est forte, elle n’est pas seulement financière et il ne faut pas oublier de s’ouvrir aux autres quelle que soit leur situation sociale.

 

Poverty
During a volunteer activity I met a lady of my age. She always smiled and we exchanged a few snippets of conversation over time. The activity consisted of the distribution of food products to people in need. I was surprised to learn that this lady herself benefited from this help, at least in the winter because she received a small pension and « was too rich » to benefit in the summer when the access criteria were reinforced.

She told me about her daughter who was looking for a job and her south-facing apartment where it was hot in summer.

On the occasion of an end of year aperitif she told me that she was going « like this, like that » and added the word « cancer ». It had seemed to me that she had lost weight, even though she was already thin, but her way of expressing herself did not suggest that it was the last time I saw her.

Indeed, a few weeks later I received a message from the association informing me of her death and the funeral ceremony at the church.

I went there and to my great sadness I had to notice that apart from her daughter and four other people, all the other people present were members of the association. Because of her poverty she had no network of friends or relatives and was therefore cut off from the world despite her generosity and kindness. She really had to live in great loneliness so that at the end of her life there would be so few people to take leave of her.

Her smile is missing now during the distribution.

Poverty is important, it is not only financial and we must not forget to open up to others regardless of their social situation.